La physiologie du chien

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Trop d'amateurs de chiens et trop d'éleveurs ont sur le chien des idées arrêtées et parfois fausses, fruit de préjugés empiriques et d'entêtement personnel, pour que nous ne rappelions pas ici que le chien, mammifère supérieur et carnivore, n'est ni un cheval ni un veau, et moins encore un canari ou une guêpe.

Le cheval sue : pas le chien. Le veau rumine : pas le chien. L'oiseau a des sacs aériens : le chien a des poumons. Le système nerveux de l'insecte est réduit à sa plus simple expression : celui du chien est aussi compliqué que le nôtre.

Il paraît donc indispensable de connaître l'essentiel du fonctionnement d'un tel moteur, pour pouvoir en tirer le maximum sans risquer de le compromettre.

Pour la clarté de cet enseignement, précisons les particularités marquantes des grandes fonctions et des grands systèmes organiques.

La respiration

C'est, on le sait, par le jeu alterné de l'inspiration et de l'expiration qu'est assurée la ventilation pulmonaire, c'est-à-dire le renouvellement de l'air de façon ininterrompue dans les poumons. L'inspiration ouvre très largement la cage thoracique, et cette dilatation est d'autant plus large, d'autant plus profonde qu'il entre dans les poumons une quantité d'air plus grande. L'expiration, au contraire, rejette l'air utilisé, et ferme de plus en plus sur elle-même cette cage extensible, dont les côtes sont les barreaux.

On comprend facilement que plus le chien aura besoin de ventiler ses poumons dans un effort violent ou dans une course rapide, plus sa cage thoracique sera profonde, et plus large sa capacité respiratoire : c'est le fait des Pointers, des Braques, de la plupart des chiens de chasse, et plus particulièrement des Lévriers.

Plus fréquents aussi seront les mouvements respiratoires, Leur fréquence est variable suivant que le chien est au repos ou en action, suivant qu'il est jeune ou adulte.

En moyenne, pour un chien adulte, le nombre des mouvements respiratoires est de 16 à 18 par minute au repos, et ce chiffre (qui peut descendre à 14 et à 12 pendant la période de détente ou de sommeil chez le vieux chien) s'élève au contraire à 18 et 20 chez les jeunes. Tout à fait normale pendant l'effort, l'accélération des mouvements respiratoires ne doit pas persister quand l'animal a, comme on dit couramment, « repris son souffle ».

Sous l'influence du froid, de l'émotion, les mouvements respiratoires peuvent également devenir plus rapides; mais on ne saurait considérer comme normaux l'oppression et le rythme rapide des mouvements thoraciques pendant la période de repos.

Cette respiration précipitée (ou dyspnée) est toujours le signe d'un trouble pathologique, d'une anomalie, et doit faire penser à la congestion, à la broncho-pneumonie, à l'emphysème.

On ne saurait davantage ignorer les symptômes respiratoires de l'asphyxie qui peut survenir dans le cas d'obstruction du larynx ou de la trachée, dans les cas d'étranglement, dans le cas de compression du thorax, etc. L'asphyxie, qui peut être aiguë et rapide — ou bien au contraire relativement lente, quand l'animal reste longtemps dans un espace confiné et respire un air vicié, provient du manque d'oxygène ou de l'accumulation dans le sang de gaz ou de vapeurs toxiques; mais il s'agit dans ce cas de pathologie proprement dite, et nous ne nous étendrons pas davantage sur des troubles qui ne relèvent pas de l'activité physiologique normale.

La circulation

La circulation sanguine du chien est en tous points comparable à celle de l'homme. Chez le chien comme chez l'homme, le cœur, muscle creux, composé de 4 cavités (2 oreillettes et 2 ventricules), accomplit pendant toute la vie et sans interruption son rôle bien connu de pompe aspirante et foulante, en aspirant le sang dans les veines et en le refoulant dans les artères.

Chez l'homme, cette révolution cardiaque » est d'une durée de 8/10 de seconde à peine (4/10 environ pour la contraction, et 4/10 environ pour la dilatation) pour un rythme moyen de 70 à 75 battements par minute.

Chez le chien, l'activité cardiaque est plus rapide. Le rythme moyen chez un chien adulte passe aisément de 90 à 100 battements normaux à la minute. Il atteint 110 et même 120 chez le chiot; en revanche, il descend jusqu'à 75 et même 60 chez les chiens fatigués ou très âgés.

Ces chiffres normaux varient eux-mêmes suivant les races. Plus rapide chez les chiens de petite race (Bassets, Yorkshires, Chihuahuas, Loulous nains, Pékinois, etc.), le cœur bat beaucoup plus lentement chez les grands chiens (Mastiffs, Saint-Bernards, Danois et grands chiens de chasse). On ne saurait donc considérer comme un trouble ce calme ou cette accélération naturels, pas plus qu'on ne doit (sauf avis du vétérinaire) s'inquiéter de certaines intermittences fréquemment rencontrées chez les chiens de sport.

Le pouls et le choc précordial sont facilement accessibles chez le chien. En appliquant la main en arrière du membre antérieur, on peut indifféremment à droite ou à gauche percevoir le rythme cardiaque au toucher. Il est même visiblement apparent chez les chiens émaciés, amaigris, et chez certaines races (comme les Lévriers et les Bassets) dont la cage thoracique est étroite et profonde. Il suffira enfin de poser deux doigts à la face interne de la cuisse en comprimant légèrement l'artère fémorale pour percevoir le pouls, généralement bien marqué quelles que soient sa précipitation et la régularité de son rythme.

Depuis quelques années, signalons que les vétérinaires canins disposent d'appareils permettant de contrôler la tension artérielle. Le sphygmotensiomètre de Lafaye est le plus couramment utilisé.

La digestion

Certes, la transformation des aliments en éléments assimilables, capables de réparer les pertes de matières ou d'énergie, est due en partie à une action mécanique, mais on a démontré depuis longtemps que cette transformation des aliments provient surtout de réactions chimiques. Et ici certaines différences existent qui ne permettent pas de calquer exactement la digestion du chien sur l'activité digestive de l'homme.

La denture du chien n'est pas la nôtre. Tandis que, chez l'homme, une mastication lente, une imprégnation salivaire abondante caractérisent le premier stade digestif, chez le chien (comme chez la plupart des carnivores), les aliments, plus ou moins rapidement déchirés et grossièrement dissociés, ne font que passer par la bouche. Ils sont aussitôt déglutis.

A peine arrivés dans l'estomac, les aliments sont alors attaqués par le suc gastrique, un suc qui est plus actif chez les carnivores que chez n'importe quelle autre espèce animale. Avec une capacité stomacale de 3 litres pour un chien d'à peine 20 kg, on peut dire que, chez les canidés, l'estomac est l'organe le plus important de l'économie organique; que le bol alimentaire soit composé de viandes, de graisses, d'os ou de légumes, il séjourne dans l'estomac pendant plusieurs heures. Peut-être faut-il voir dans cette physiologie un peu particulière l'explication du besoin naturel qu'ont les chiens de s'allonger et de s'abandonner à un demi-sommeil, leur repas à peine absorbé.

Comme chez l'homme, ce repas passe ensuite de l'estomac dans l'intestin. C'est là que Vont s'opérer les diverses dissociations chimiques. Mais tandis que la longueur de l'intestin grêle de l'homme atteint 8 m et celle du gros intestin 1,50 m à 2 m, l'intestin grêle d'un chien moyen, de 30 kg par exemple, dépasse rarement 4 m et le gros intestin 70 à 75 cm. Pour un estomac de capacité à peu près semblable, l'intestin du chien est environ la moitié de l'intestin de l'homme.

Cet appareil digestif doué de capacités exceptionnelles est-il aussi puissant qu'on l'imagine? Non. Ce n'est donc pas impunément qu'on peut le mettre à dure épreuve en laissant imprudemment dans la pâtée du chien des os durs et peu friables (canard, côtelettes, gigot, lapin, etc.), dont il est si friand. Si riche que soit le suc gastrique, il ne saurait, comme on le croit trop aisément, dissocier et rendre assimilables ces os si dangereux (parce qu'ils ont été rapidement et insuffisamment broyés), et les cas de perforation, d'obstruction et de péritonite mortelle sont trop fréquents pour que nous n'appelions pas sur ces dangers l'attention des propriétaires de chiens, qu'il s'agisse de Pékinois ou de Danois.

 
 
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